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Voici la démarche d'Hayat Elkaaouachi avec ses élèves dans le cadre de notre projet commun:

"Dans le cadre des nouveaux programmes de géographie en classe de sixième, nous avons débuté l’année par une étude de l’espace proche dont les enjeux sont nombreux.
Il s’agissait tout d’abord de partir des représentations des élèves de leur environnement, de leur donner la parole et de les rendre tout de suite acteur de leurs apprentissages.  Ce fut aussi l’occasion de poser les premiers éléments de définition de la géographie comme science humaine, comme science de l’organisation des espaces par l’homme.

Nous avons travaillé en trois temps.

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Tout d’abord, suivant une logique de géographie des représentations, les élèves ont élaboré une carte mentale de leur espace proche. Cet espace vécu dont ils devaient poser les limites nous a mené pour certains assez loin, Alan parlant même des Antilles. Nous avons décidé de choisir des limites communes et moins ambitieuses  pour simplifier la représentation.
Sur cette carte mentale, les 6è2 étaient invités à marquer leurs lieux les plus fréquentés avec des couleurs différentes, ils devaient aussi marquer leurs itinéraires réguliers.
Par le jeu de proportions et des couleurs, l’intérêt était de saisir des pratiques spatiales, des usages pluriels dans un espace commun, délimité, approprié, organisé et mis en valeur, ce qu’on appelle un territoire.

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A l’issue de ce premier travail, les élèves, parfois avec la participation des parents, ont pris des photos des lieux représentés sur leurs cartes mentales (la maison,  le collège, la boulangerie, chez ma copine, la mairie, les assedics, …) et les ont collées sur leurs cahiers. Certains ont imprimés des images du site de la mairie d’Aubervilliers, d’autres ont découpé des photos d’Aubermensuel.

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Dans un deuxième temps, nous avons confronté ces représentations de l’espace vécu à une représentation plus objective, le plan d’Aubervilliers.
Les élèves devaient retrouver leurs lieux, leurs itinéraires et les inscrire dans un territoire plus global, moins sensible. Exercice de localisation, de lecture des infrastructures et de logiques urbaines, il fut question de circonscrire la ville d’en comprendre l’organisation. Entre l’avenue Jean Jaurès, le boulevard périphérique, le canal, l’A86, entre Pantin, Paris, La Courneuve, Aubervilliers est une ville de la première ceinture de la banlieue parisienne, avec un réseau de transport dense et une population riche d’hétérogénéités. Pour avoir une connaissance et une  conscience plus intime de cette logique scalaire, les élèves ont mesuré leurs déplacements et ceux de leurs parents en temps. La relation espace-temps de ces migrations pendulaires leur semblait souvent plus explicite.

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Dans un troisième temps, les élèves ont dû réfléchir à un croquis de leur ville en reprenant les éléments objectifs apportés par le plan et leur connaissance d’usager du lieu.  Ce travail de synthèse leur a permis de saisir certains enjeux de la géographie. « Petits géographes », ils ont parcouru l’espace (la géographie comme science de terrain), se sont appuyés sur différentes représentations, se sont posés des questions sur les limites (où ?), les acteurs(qui ?), les usages(pourquoi ?), les aménagements (quoi ?), ont mis en perspective différentes échelles pour finalement rendre compte, de façon claire et selon des codes  cartographiques conventionnels, de l’organisation de leur territoire.
Plus tard dans l’année, le chapitre habiter l’espace urbain fut l’occasion de revenir sur ces notions.  Partant de photographies de villes partout sur la planète, il fut convenu que l’espace urbain se définissait d’abord par sa densité et sa verticalité. A ces deux dimensions, les usages et les aménagements apportaient néanmoins de nombreuses spécificités."